QUI EST « JE » ?
Décembre 2006
Nous communiquons pour dire « je »
Mais qui est « je » ?
Le savez-vous ?
Moi, j’ai un trou.
Ce n’est pas que j’ai oublié
C’est que ma tête est encombrée.
Face à vous je ne sais plus qui « je » est !
Mais même sans vous je ne sais plus qui il est.
Tu connais mon « Je », toi ?
Ne sois pas si convaincu
De son enfance que sais-tu ?
L’as-tu vu tout nu ? Au-delà des apparences
Je ne t’apprends rien, on redécouvre quelqu’un !
Personnellement,
Je sais que « Je » est mon ami
En tout cas, je ne le veux pas comme ennemi
Quand il me les casse ou me lasse,
J’attends que ça se passe.
Heureusement nous parlons beaucoup.
Je l’interroge sur tout.
C’est ainsi qu’un soir j’appris
Que « je » est pluriel et infini.
« Je » est composé de tout ce qu’il a vu, lu
Bu, mangé, écouté, ressenti et fumé !
A haute voix je l’ai interrogé : Qui es-tu ?
Sans hésiter, voici ce qu’il m’a répondu :
« Tu nous fais une schizophrénie aigue ?
Faut te soigner mon pote !
Ta beuh est trop forte !
Tu n’es pas rien
Tu n’es pas non plus Un
Tu es simplement pluriel !
Il ne manque plus qu’elle
Et quelques détails secrets
Pour que tu sois complet.
Tu crois que tu peux enterrer l’enfant ?
Et que l’adulte peut ne pas être vieillissant ?
Tu espères pouvoir assassiner le démon ?
Eh ! Ton ange n’est pas assez bon !
Habitus toi à notre présence
Ne sombre pas dans l’inconscience !
Reni nous et tu le regretteras
Car tu auras perdu le combat ! »
Voyez comment il me cause !
Et c’est tout ce qu’il me propose !
Vivre avec lui, lui, lui et lui
Tous locataires de mon esprit !
Et ils sont censés s’unir
Pour m’aider à éviter le pire !
Ainsi « je » est un grand mélange
Qui me fait parfois paraître étrange
« Je » peux un jour haïr la planète
Le lendemain, il fera la fête !
Un de mes « Je » veut mourir
Il craint le pire pour l’avenir.
Mais un autre ne veut pas baisser les bras
Il chante : Lève-toi, bats-toi, bats-toi pour tes droits ! »
Ne courbe pas sous le poids du désarroi
Alors je retrouve la foi…
Pour un instant seulement
Car entre espoir et désespoir je tends
Vous pouvez me croire, jusqu’à l’écartèlement.
Le « je » positif ne sait plus quoi faire
Avec un colocataire suicidaire.
L’un des deux doit-il mourir ?
Si le négatif se contente de partir,
Il va sûrement revenir…
« Je » reste un mystère
C’est le jeu de ma vie
De découvrir qui est « je »
C’est à moi de le compléter
Comme une œuvre inachevée
C’est à moi de l’améliorer
Entre rêves et réalité.
Impossible d’être pur.
Une chose est sûre :
Tant que je ne suis pas écœuré,
Que mon cœur est aimé
Pour ce que « je » est,
Je continus le jeu et
J’espère gagner
Une mort sans remords ni regrets !
IMAGYVES
www.Yves-Rousseau.com